Le vide est contemplatif

“C’est avec le Vide que le Plein peut devenir plénitude” – Katalin Kovâcs

Tout comme le silence qui se susurre dans l’innommable, le Vide est indissociable du Plein. Sur cette pensée héritée de la culture chinoise, la révélation d’une notion aussi vaste , dès lors, revient comme une abstraction qui évacue les concepts clairs et distincts pour entreprendre de voir et comprendre le monde où le Vide n’est pas le Rien. Cette pensée ne renvoie pas à la Vacuité comme on pourrait croire; elle est, à la manière du concept Yin et Yang en coexistence mutuelle. Il en découle que l’on ne peut considérer l’un sans l’autre tel une pulsion de vie qui anime l’imaginaire et fascine le spectateur. Ontologiquement c’est le silence et l’immobilité qui se trouvent être à l’origine de l’univers et du mouvement. En d’autre terme, c’est l’invisible qui précède le visible tout comme l’imperceptible sur le perceptible. Il en ressort de se dégager du discours net pour entreprendre une approche aux contours moins tranchés où les limites du verbe définissent le départ de ce lieu commun appelé Vide. Visuellement, l’option de révéler cette nature par une représentation des non-dits et des schémas mentaux tels que l’absence ou de ce qui est en dehors, caché me semble être la clé de lecture. Cette pensée ne renvoie pas à la Vacuité comme on pourrait croire; elle est, à la manière du concept Yin et Yang en coexistence mutuelle. Il en découle que l’on ne peut considérer l’un sans l’autre tel une pulsion de vie qui anime l’imaginaire et fascine le spectateur. Ontologiquement, c’est le silence et l’immobilité qui se trouvent être à l’origine de l’univers et du mouvement. En d’autre terme, c’est l’invisible qui précède le visible tout comme l’imperceptible sur le perceptible. Il en ressort de se dégager du discours net pour entreprendre une approche aux contours moins tranchés où les limites du verbe définissent le départ de ce lieu commun appelé Vide. Visuellement, l’option de révéler cette nature par une représentation des non-dits et des schémas mentaux tels que l’absence ou de ce qui est en dehors, caché me semble être la clé de lecture.

Construction taoïste et instruments du Vide

natura essentialis 18 - prototype

natura essentialis 18 – prototype

En extrapolant le mode pictural taoïste en peinture, c’est au départ d’une feuille blanche que part toute la construction et c’est le blanc du papier qui révèle et donne la lumière. Assombrir via les pigments, encres et crayonnés, apporte au support une matière qui tend à le remplir jusqu’au plein; l’équilibre, les choix esthétique consistent dès lors à trouver le point d’équilibre voulu par l’artiste. Le Vide peut être entrepris comme le point de départ de l’écriture via le grain du papier apparent dans lequel se place délicatement les premiers traits en provenance du pinceau sec faiblement imprégné d’encre. Le peintre paysager d’antan mais aussi nos contemporains abordent la révélation picturale de l’œuvre par le médium, le papier, la toile, le support qui n’est autre qu’une métaphore du Vide. Dans l’imaginaire pictural occidental, cette notion n’est pas très différente, le Vide apparaît comme un accident, une situation indirecte voire une conséquence d’un acte que l’on peut retrouver en peinture par la technique du “pinceau sec”. Cependant, en peinture paysagère chinoise, le paysage se voit présenté dans relation particulière avec son spectateur puisque l’œuvre n’est pas montrée sous forme de cadre mais bien par le biais d’un rouleau que son propriétaire peut à loisir dérouler dans un climat propice au recueillement quasi sacré. Une sorte de rituel codé en quelque sorte, mais surtout un dispositif qui permet de montrer, cacher, d’inspirer, s’inspirer, d’ouvrir, fermer, de recréer l’environnement propice à la perception du Vide, du Plein pour reconquérir sa plénitude.

L’illusion photographique du Vide

En photographie, le médium s’accorde à un principe d’illusionniste qui tend à tromper les yeux du spectateur, lui faisant croire que ce qu’il voit c’est la réalité ou du moins une partie définie par le cadre. Pour aborder la notion du Vide, il devient alors intéressant de revenir aux sources photographiques, son essence qui n’est autre qu’un moyen de travailler une surface photosensible et de la reproduire mécaniquement et se détacher de l’illusion. À cela, il est bon de savoir que ce dispositif offre aussi une batteries de caractéristiques propres à la perception des notions développées. Il s’agit par exemple : de l’intemporalité, le silence solennel, le rapport à l’inerte, l’absence de mouvement qui induit à la mort mais aussi à une sensation originelle pour peu que le spectateur y soit sensible et que l’artiste en développe les caractéristiques. Il est intéressant de voir que le spectateur occidental, a fréquemment un besoin irrépressible de devoir compléter une représentation par un une pensée qu’il articule sémantiquement. Or, raisonner n’est autre que de réduire le paysage à sa seule dimension matérielle

Natura Essentialis, un Paysage Issu du Vide

Si l’on se rapporte au propos sur le Vide, l’essence même de mon travail sur le paysage, que ce soit Potentia Naturalis ou son évolution intitulée Natura Essentialis, questionne la nature et la contemplation, lesquelles révèlent le spectateur. Natura Essentialis m’a permis de faire progresser mon travail sur une nature re-construite, duale et symétrique, intemporelle voire anachronique; une recherche de forme dépourvue d’empreinte humaine. Ce qui est montré au départ de ces photographies n’est autre que des fragments de paysage plus ou moins savamment trouvés au détour de randonnées dans divers lieux affectionnés. Ces derniers sont alors révélés par voie logicielle, à la façon d’une instance géométrique pour obtenir un rendu symétrique. Des matrices primaires ressortent des clones duaux, images pourvues d’éléments propres au paysage naturaliste sans trace de l’empreinte de l’homme. Les végétaux, l’eau et la roche donnent le sens et nous permettent, occidentaux, un décodage. L’orchestration de la révélation, un peu à l’image d’un psychodiagnostic, s’articule comme un souffle, au départ d’une nature muette mais qui peut s’exprimer au travers notre regard. Du mutisme originel apparent résonne le Vide qui s’amplifie et désarçonne d’autant plus. Il me semble important par rapport à ce type d’œuvre de considérer la temporalité, de prendre le temps de voir, de regarder, d’entrer pour appréhender.

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